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Émile Gaboriau : la corde au cou

vendredi 23 août 2019, par Denis Blaizot

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Titre : La corde au cou
Auteur : Émile Gaboriau  
Éditeur : UNIDE (Coll. Club de Chez nous)
Année d’édition : 1978  
ISBN : 2856161146
375 pages
Année de première parution : 1873  

Présentation :

Une nuit de juin 1871  , le maire de Sauveterre en Saintonge est averti que le château de Valpinson est en feu et que son propriétaire, le, comte de Claudieuse, a été grièvement blessé... Un jeune paysan un peu simplet a cru reconnaître en l’agresseur du comte, Jacques de Boiscoran, un propriétaire voisin qui se retrouve bientôt en prison.
La défense de l’inculpé s’organise et un jeune avocat parisien, Manuel Folgat, se persuade rapidement de l’innocence de l’accusé. Il découvre cependant le passé du jeune homme, uni par un lien secret avec la Comtesse de Claudieuse.
Celle-ci ayant appris quelque temps plus tôt que Jacques venait de se fiancer avec la jolie Denise de Chandoret, a exigé de récupérer ses lettres d’amour. Un rendez-vous avait été fixé près de Valpinson, le soir du drame...

Comme toujours chez Gaboriau, après la patiente et envoûtante recherche de la vérité, le drame se dénoue rapidement, libérant du même coup le lecteur des sortilèges d’un récit des plus noirs.

Mon avis : Je n’en suis pas à ma première lecture d’Émile Gaboriau  . Après Monsieur Lecoq et Le dossier N° 113 lus et appréciés l’un et l’autre il y a plus de dix ans, je m’étais attelé à la lecture du crime d’Orcival que j’avais également apprécié bien que lui reprochant son caractère de roman social trop marqué.

La corde au cou est resté plusieurs années sur une étagère avant que je me décide à en entreprendre la lecture récemment. Est-ce prémonition ? Peut-être. Car :

  • Est-ce un polar ? Non.
  • Est-ce un thriller ? Non.
  • Est-ce un roman social ? Oui, mais pas que.

Nous avons affaire à un roman judiciaire. En effet, quasiment toute l’œuvre se déroule après le crime et l’arrestation du présumé coupable. Nous suivons l’enquête (bâclée) du juge d’instruction, les démarches des avocats de la défense, de la famille ou des amis pour prouver l’innocence du prévenu. Je pense que ce roman écrit en 1873  , juste après la guerre de 1870 et la Commune de 1871  , peut éclairer grandement tout amateur de l’histoire du XIXe siècle, en particulier sur le fonctionnement de la justice. Mais... car il y a un mais. Gaboriau tente de mener le lecteur par des chemins tortueux jusqu’à la scène finale. Malheureusement, tout cela m’a paru trop évident. Et, au final, j’ai été plus intéressé par le caractère des personnages secondaires, Cheminot le vagabond, Blangin le gardien de prison, etc. que par les personnages principaux. Il y a aussi une tentative d’introduction d’un enquêteur à la M. Lecoq. Le personnage est sous-exploité au vu des promesses qui nous sont faites au moment de son introduction.

En bref : J’ai passé un bon moment de lecture malgré les défauts que j’y ai trouvés. Je vous recommande sa lecture. Par contre, si vous n’avez encore jamais lu de romans d’Émile Gaboriau  , je vous déconseille de commencer par celui-là. M. Lecoq vous conviendra sans doute mieux.

À défaut de l’acheter au format papier en neuf ou d’occasion, vous pouvez également le télécharger dans diverses versions sur noslivres.net ou sur Gallica

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