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Isaac Asimov : Espace vital

samedi 23 mai 2020, par Denis Blaizot

Auteur : Isaac Asimov
Titre français : Espace vital
Titre original : Earth is Room Enough (1957)
Éditeur : Librairie des Champs-Élysées (Coll. Le Masque Science-Fiction n° 40)
Année de parution : 1976

Quatrième de couverture :

Quoi de plus utile qu’un chronoscope pour qui veut réhabiliter les Carthaginois calomniés ? Mais quel péril le sondage temporel fait-il courir à l’humanité ?
S’il avait connu la robotique, Sherlock Holmes aurait été obligé de se recycler...
Le corps électoral réduit à un seul et unique électeur : c’est le triomphe de la démocratie électronique...
Il était une fois un pauvre petit ordinateur bien courageux et bien malheureux...
Ce n’est pas la trompette épique qu’embouche Isaac Asimov, vieil enfant terrible de la S.F., pour imaginer ces futurs inquiétants et quelques autres. Il préfère ici le registre intimiste mais qu’on ne s’y trompe pas : ces récits désinvoltes, cet humour pince-sans-rire n’empêchent pas l’auteur de s’interroger, en moraliste désabusé, sur l’avenir de l’homme et de sa civilisation technicienne avec le talent efficace qu’on lui connaît. (Jacques Van Herp)

Ce volume contient :

  • Espace vital (Living Space)
  • Les Cendres du passé (The Dead Past)
  • Effet miroir (Mirror Image)
  • Devoir civique (Franchise)
  • Le Pacte (Gimmicks Three)
  • Des histoires pour gosses (Kid Stuff)
  • Avec de l’eau partout (The Watery Place)
  • Le Message (The Message)
  • Satisfaction garantie (Satisfaction Guaranteed)
  • Le Feu de l’enfer (Hell-Fire)
  • La Dernière trompette (The Last Trump)
  • Le Barde immortel (The Immortal Bard)
  • Un jour (Someday)

Mon avis : C’est par hasard, lors d’une conversation sur un forum, que j’ai pris connaissance de l’existence de ce recueil. Et chose surprenante, je l’ai trouvé à la bouquinerie de mon quartier dès sa réouverture. Ce n’est pas fréquent qu’il ne s’écoule que quelques jours entre la découverte d’un titre ancien sur internet et son achat d’occasion.. Ça se fête !!

Donc, quelques jours plus tard, j’en attaque la lecture. Et là, à la page 8, je tombe sur ça :

En effet, il y avait des personnes qui devaient purement et simplement loger sur la Terre proprement dite, soit pour des raisons d’ordre professionnel, soit par perversion intellectuelle. Après tout, le sol de la Terre proprement dite devait fournir les minéraux et les aliments de base nécessaires à l’entretien d’un trillion de personnes (qui, dans cinquante ans, seraient deux trillions) et il y avait pénurie d’espace. Les maisons de la Terre proprement dite ne pouvaient en aucun cas être plus vastes qu’elles ne l’étaient et ceux qui étaient obligés d’y vivre devaient se faire une raison.


Je savais Issac Asimov très productif, que sa notoriété était telle dans les années 50 aux USA que les éditeurs publiaient tout ce qu’il proposait, mais tout de même, un peu de relecture n’aurait fait de mal à personne. Mais Michel Deutsch aurait peut-être pu faire un effort d’interprétation pour faire disparaître cette répétition de sa traduction. Même si l’expression Terre proprement dite désigne dans cette nouvelle la Terre, ce qui la justifie, c’est assez pénible de la retrouver une dizaine de fois dans la nouvelle et trois fois dans le même paragraphe. Beurk ! Toutefois, ce n’est pas ce qui me gêne le plus dans Espace vital. Alors que Albert Robida, en 1880, imaginait les femmes des années 1950 occupant des postes d’avocate, de notaire, de députée, de médecin, que sais-je encore, Asimov, en 1955, ne sait pas faire autrement que de décrire l’épouse du héros de cette nouvelle comme une gentille mère au foyer.

Les cendres du passé n’est pas mieux en ce qui concerne le rôle de la femme dans la société décrite. Mais cela se justifie plus au vu du personnage. Non. Le plus gros défaut de cette nouvelle est sa longueur : 70 pages. Complètement déséquilibré par rapport à la longueur des autres nouvelles. Mais elle est plutôt bien trouvée. Juste vieillotte dans sa narration. Trop ancrée dans les années 50. J’en veux pour preuve "l’ordinateur manuel" utilisé par l’un des personnages principaux.

Effet miroir est une des nouvelles du cycle des robots dans laquelle nous retrouvons le binôme R Daneel Olivaw / Lije Baley des Cavernes d’acier et de plusieurs autres romans du cycle. Une trame à la croisée de la psychologie et de la robotique.

Devoir civique développe une excellente idée de démocratie informatisée : un ordinateur surpuissant, renseigné de bien des choses des activités humaines interroge un citoyen quelconque sur ses opinions pour désigner le futur chef de l’état. Les États-Unis bien sûr. Et bien sûr, l’épouse est caractéristique de la femme au foyer caricaturale des années 50.

Le Pacte m’a rappelé les mésaventure d’azazel. Mais en mieux. Un petit air des nouvelles de démon de Fredric Brown.

Encore un petit air d’humour à la Fredric Brown avec Des histoires pour gosses dont la morale pourrait être : quand on ne se renseigne pas assez, on courre à la catastrophe.

Avec de l’eau partout est encore dans l’esprit Fredric Brown, où un homme bourru, qui n’écoute pas se qu’on lui dit, condamne bien malgré l’avenir de l’humanité.

Le Message ne fait que trois pages. alors ne comptez par sur moi pour vous en dire plus.

Satisfaction garantie est une belle histoire de robot, d’épouse victime d’un complexe d’infériorité ( Hé, oui ! encore un personnage féminin plutôt négatif ;-) ) et l’intervention du seul personnage féminin ( à ma connaissance) qu’Asimov n’est pas fait mièvre. La docteur en psychologie Susan Calvin, spécialiste des robots, qui à l’opposé des autres femmes des œuvres d’Asimov, parait froide et calculatrice. Mais c’est une bonne histoire de robots que nous retrouvons dans Le grand livre des robots. Une bonne approche de comment un robot bien programmé pourrait changer les relations humaines.

Le Feu de l’enfer est très courte. Le feu d’une explosion nucléaire dans lequel les observateurs perçoivent le visage du diable. D’accord, j’ai tout dit. Mais on le devine dès le début de cette nouvelle de 3 pages.

La Dernière trompette Est, encore une fois assez proche de la fantaisie des nouvelles de Fredric Brown, puisqu’il est question de sauver le monde sur une ambiguïté de date. Là je n’en dirai pas plus :-P

Le Barde immortel nous parle de William Shakespeare qui fait, grâce à un éminent physicien, un voyage dans le temps. Mais pourquoi a-t-il fallu le renvoyer à son époque ? Hum ! Encore une de ces petites histoires pleines d’humour comme savait les écrire Isaac Asimov.

Un jour est peut-être la moins intéressante du recueil, mais elle est quand même très agréable à lire, cette petite histoire de jouet délaissé.

En bref : Je suis heureux d’avoir découvert ce recueil de nouvelles d’Isaac Asimov. À noter que ces textes , à l’exception de trois d’entre elles faisant partie du Grand lire des robots, ne sont disponibles que dans ce volume.

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